Adobe Stock · Par kichigin19
Que désignent exactement le vaginisme et les dyspareunies ? À partir des classifications récentes et des données scientifiques disponibles, cet article présente leur fréquence, les facteurs médicaux, musculaires, psychosexuels et relationnels susceptibles d’intervenir, ainsi que les mécanismes qui peuvent entretenir la douleur. Il expose également les principales pistes permettant de retrouver progressivement davantage de sécurité, de confort et de liberté. Une difficulté de pénétration n’est ni un échec personnel ni une douleur qu’il faudrait apprendre à supporter.
La douleur pendant les rapports sexuels et les difficultés de pénétration sont fréquentes, mais elles restent souvent entourées de silence, de honte ou d’incompréhension. Dans mon cabinet, ce sont souvent de jeunes femmes qui m’en parlent. Certaines personnes pensent qu’elles devraient « réussir à se détendre ». D’autres redoutent que leur douleur ne soit pas prise au sérieux si aucun problème visible n’est identifié.
Pourtant, la douleur est réelle. Elle ne signifie ni un manque de désir, ni un refus de l’autre, ni un échec personnel ou conjugal. Le vaginisme et les dyspareunies sont des réalités complexes dans lesquelles peuvent intervenir des facteurs gynécologiques, musculaires, hormonaux, neurologiques, psychologiques, relationnels et contextuels. Leur compréhension demande donc de sortir de l’opposition simpliste entre une douleur « physique » et une douleur « psychologique ».
Vaginisme et dyspareunie : de quoi parle-t-on ?
La dyspareunie : une douleur liée à l’activité sexuelle
La dyspareunie désigne une douleur génitale ou pelvienne associée à une activité sexuelle, notamment lors d’une pénétration vaginale. Il s’agit d’abord d’un symptôme : le mot décrit une douleur, mais n’en indique pas nécessairement la cause.
La douleur peut être :
- superficielle ou insertionnelle, lorsqu’elle apparaît à l’entrée du vagin, au contact ou au début de la pénétration ;
- profonde, lorsqu’elle est ressentie plus haut dans le bassin pendant certains mouvements ou certaines positions ;
- immédiate ou différée ;
- occasionnelle, récurrente ou persistante ;
- présente lors des rapports sexuels, mais aussi parfois lors de l’introduction d’un tampon, d’un doigt, d’un dispositif médical ou pendant un examen gynécologique.
- dite primaire lorsqu’elle est présente depuis les premières expériences de pénétration, ou secondaire lorsqu’elle apparaît après une période pendant laquelle les pénétrations étaient possibles sans douleur. Elle peut aussi associer une douleur superficielle et une douleur profonde.
Ces distinctions sont importantes, car une douleur à l’entrée du vagin et une douleur pelvienne profonde n’orientent pas nécessairement vers les mêmes hypothèses.
Le vaginisme : une réaction involontaire de protection
Dans le langage clinique courant, le vaginisme désigne une difficulté persistante ou récurrente à permettre une pénétration vaginale pourtant souhaitée. Cette difficulté peut être associée à :
- une contraction ou une mise en tension involontaire des muscles du plancher pelvien ;
- une peur ou une anxiété anticipatoire ;
- une douleur réelle ou redoutée ;
- une réaction de recul, de fermeture ou d’évitement ;
- l’impression qu’une pénétration est impossible, que le vagin est « fermé » ou qu’un obstacle empêche l’entrée.
Cette réaction n’est pas volontaire. Une personne peut souhaiter la pénétration, aimer son ou sa partenaire et ressentir du désir, tout en éprouvant une réaction corporelle de protection qu’elle ne parvient pas à contrôler consciemment.
Le vaginisme peut être présent depuis les premières tentatives de pénétration ou apparaître après une période pendant laquelle les pénétrations étaient possibles. Il peut concerner toutes les situations de pénétration ou seulement certaines d’entre elles.
Pourquoi les classifications ont-elles changé ?
Le DSM-5-TR regroupe désormais le vaginisme et la dyspareunie sous l’appellation de trouble lié à des douleurs génito-pelviennes ou à la pénétration. Cette catégorie prend en compte quatre dimensions principales :
- la difficulté de pénétration vaginale ;
- la douleur pendant la pénétration ou sa tentative ;
- la peur ou l’anxiété liée à la douleur ou à la pénétration ;
- la tension des muscles du plancher pelvien pendant la tentative.
Pour poser un diagnostic de trouble au sens du DSM-5-TR, les difficultés doivent généralement persister pendant environ six mois et provoquer une souffrance cliniquement significative (American Psychiatric Association, 2022).
La CIM-11 de l’Organisation mondiale de la santé utilise l’expression trouble de douleur-pénétration sexuelle. Elle retient également la difficulté de pénétration, la douleur génito-pelvienne et la peur ou l’anxiété associée à la pénétration (Organisation mondiale de la santé, 2026).
Un consensus international publié en 2026 confirme cette évolution : les symptômes de douleur, de peur, de tension musculaire et de difficulté de pénétration se chevauchent souvent et ne peuvent pas toujours être séparés en diagnostics entièrement indépendants (Trost et al., 2026).
Les mots « vaginisme » et « dyspareunie » restent néanmoins utiles pour décrire l’expérience vécue et préciser si la difficulté concerne principalement la douleur, la pénétration, la peur ou une combinaison de ces dimensions.
Quelle est leur fréquence ?
Les chiffres dépendent fortement de la définition employée. Une enquête qui demande si une personne a déjà ressenti une douleur pendant un rapport ne mesure pas la même réalité qu’une étude portant sur une douleur fréquente, persistante et source de détresse.
La dyspareunie en France
Dans la cohorte française CONSTANCES, portant sur 21 287 femmes âgées de 18 à 49 ans, 7,9 % déclaraient avoir souvent ou toujours des douleurs pendant les rapports sexuels . Cette proportion atteignait 12,8 % chez les femmes de 18 à 24 ans (Margueritte et al., 2021).
Une enquête britannique représentative retrouvait une proportion comparable : 7,5 % des femmes sexuellement actives âgées de 16 à 74 ans rapportaient des douleurs sexuelles ayant duré au moins trois mois au cours de l’année précédente. Environ 1,9 % cumulaient persistance, fréquence importante et détresse (Mitchell et al., 2017).
Ces résultats montrent qu’une douleur occasionnelle et un trouble persistant ne doivent pas être confondus. Ils montrent également que les douleurs sexuelles sont loin d’être exceptionnelles.
Une prévalence du vaginisme plus difficile à établir
La prévalence propre au vaginisme reste incertaine. Les estimations fréquemment reprises se situent approximativement entre 0,4 et 6,6 %, mais elles proviennent d’études utilisant des définitions, des populations et des méthodes très différentes. Elles ne constituent donc pas une estimation fiable de la prévalence actuelle en France.
Cette incertitude s’explique notamment par :
- l’évolution des critères diagnostiques ;
- le chevauchement avec la dyspareunie et la vestibulodynie ;
- l’absence d’examen clinique standardisé dans certaines enquêtes ;
- la difficulté à parler de ces symptômes ;
- le faible recours aux soins ;
- la tendance à éviter les examens ou les situations associées à la pénétration.
Il est donc plus juste de dire que le vaginisme est probablement sous-identifié que d’avancer un chiffre unique avec une précision artificielle.
Quelles peuvent être les causes ?
Il n’existe pas une cause unique du vaginisme ou des dyspareunies. Chez certaines personnes, une affection médicale identifiable joue un rôle central. Chez d’autres, plusieurs facteurs se combinent. Parfois, l’élément déclencheur initial a disparu, mais la douleur, la tension musculaire ou la peur se sont maintenues.
Des causes ou facteurs médicaux possibles
Une douleur superficielle peut notamment être associée à :
- une infection ou une inflammation vulvovaginale ;
- une affection dermatologique, comme un lichen scléreux ;
- une vulvodynie ou une vestibulodynie provoquée ;
- une irritation liée à certains produits ;
- une cicatrice douloureuse après un accouchement, une épisiotomie ou une intervention ;
- une atteinte nerveuse ;
- une sécheresse ou une fragilité des tissus ;
- des modifications hormonales pendant l’allaitement, la périménopause ou la ménopause.
Une douleur profonde peut notamment conduire à rechercher :
- une endométriose ou une adénomyose ;
- une affection pelvienne inflammatoire ;
- des adhérences ou des séquelles chirurgicales ;
- certaines pathologies utérines ou ovariennes ;
- un syndrome douloureux de la vessie ;
- une douleur myofasciale ou une tension du plancher pelvien.
La vulvodynie est définie comme une douleur vulvaire présente depuis au moins trois mois sans cause clairement identifiable. Cela ne signifie pas qu’elle est imaginaire : plusieurs mécanismes inflammatoires, hormonaux, musculaires, neurologiques et de sensibilisation peuvent être impliqués (Bornstein et al., 2016).
De même, chez les personnes atteintes d’endométriose, l’intensité de la dyspareunie profonde n’est pas toujours proportionnelle à l’étendue des lésions. La sensibilité de la vessie, la douleur myofasciale et la tension du plancher pelvien peuvent également contribuer aux symptômes (Orr et al., 2018).
Le rôle du plancher pelvien
Le plancher pelvien est un ensemble de muscles situé à la base du bassin. Il participe notamment à la continence, au soutien des organes et à la fonction sexuelle.
Lorsqu’une pénétration est anticipée comme douloureuse ou menaçante, ces muscles peuvent se contracter automatiquement. Il s’agit d’une réaction de protection comparable au fait de retirer sa main d’une source de chaleur ou de fermer les yeux lorsqu’un objet s’en approche.
Chez certaines personnes, cette contraction devient habituelle. Elle peut alors :
- rendre la pénétration plus difficile ;
- augmenter les frottements ou la pression ;
- provoquer ou amplifier la douleur ;
- renforcer l’impression qu’un obstacle empêche la pénétration.
La personne ne choisit pas cette réaction. Lui demander simplement de « se détendre » revient à lui demander de désactiver volontairement un mécanisme de défense devenu automatique.
Les expériences et le contexte psychosexuel
Une première expérience douloureuse, un examen gynécologique difficile, la peur de saigner ou d’être blessée, ou encore une forte pression autour de la pénétration peuvent favoriser une anticipation anxieuse. Cette peur peut concerner spécifiquement la pénétration ou s’inscrire dans une inquiétude plus générale envers la sexualité.
Le contexte familial, éducatif, culturel ou religieux peut également influencer la manière dont une personne se représente son corps et la sexualité. Lorsque celle-ci est principalement évoquée à travers le danger, l’interdit, la faute, la douleur, la perte de contrôle ou l’obligation conjugale, ces discours peuvent contribuer à des attentes négatives, à la culpabilité ou à une difficulté à identifier et exprimer ses limites. Une information insuffisante sur l’anatomie, l’excitation, la lubrification, le consentement ou le déroulement d’une première pénétration peut aussi renforcer l’incertitude et la peur.
Dans certains contextes religieux, ces questions peuvent prendre une importance particulière lorsque la sexualité a longtemps été associée à l’abstinence, à la pureté, à la peur de la faute ou à des attentes conjugales fortes. J’aborde plus spécifiquement cette question dans l’article Douleurs sexuelles, culture de pureté et entrée dans la sexualité .
Ces éléments ne provoquent toutefois pas mécaniquement un vaginisme. Des personnes ayant reçu une éducation sexuelle restrictive ne développent aucune difficulté de pénétration, tandis que d’autres présentent un vaginisme sans avoir grandi dans un environnement particulièrement anxiogène. Le contexte familial ou religieux doit donc être exploré comme une composante possible de l’histoire individuelle, sans jugement ni conclusion automatique.
Des antécédents de violences sexuelles peuvent également intervenir chez certaines personnes et doivent pouvoir être accueillis avec prudence. Mais ils ne sont ni nécessaires ni suffisants pour expliquer un vaginisme : de nombreuses personnes concernées n’ont pas vécu de violence sexuelle, et la majorité des personnes ayant subi une violence ne développent pas ce trouble.
Il serait donc incorrect de rechercher systématiquement un traumatisme caché, de tenir la famille ou les convictions religieuses pour responsables, ou d’affirmer que la difficulté révèle nécessairement un conflit psychologique. Il est important de questionner ce que la personne a appris, redouté ou vécu, et la manière dont ces expériences peuvent encore influencer son sentiment actuel de sécurité.
L’espacement des rapports : cause ou conséquence ?
Une faible fréquence de rapports pénétratifs ne provoque pas, à elle seule, une perte de souplesse du vagin. Les études longitudinales disponibles ne montrent pas que l’espacement des pénétrations entraîne directement l’apparition de douleurs. Elles suggèrent plutôt que la douleur, la sécheresse vaginale ou les changements liés à la ménopause peuvent conduire à une diminution de la fréquence des rapports (Thomas et al., 2011 ; Waetjen et al., 2022).
L’espacement peut néanmoins modifier le contexte de la reprise. Lorsque les rapports deviennent rares, chaque rencontre peut être davantage investie d’attentes : il faudrait profiter de l’occasion, réussir la pénétration ou répondre aux attentes du ou de la partenaire. Chez certaines personnes, cette pression peut augmenter l’anticipation anxieuse, réduire la disponibilité à l’excitation et favoriser une contraction protectrice du plancher pelvien. Une reprise trop rapide ou insuffisamment préparée peut alors devenir inconfortable.
La relation peut ainsi être circulaire : la douleur ou son anticipation conduit à espacer les rapports ; cet espacement augmente parfois l’enjeu associé à la prochaine tentative ; la vigilance et la tension musculaire s’accentuent ; une nouvelle expérience douloureuse confirme finalement la crainte initiale. Le contexte relationnel et les réactions du ou de la partenaire peuvent participer à cette dynamique, sans que la fréquence des rapports constitue à elle seule la cause de la douleur (Rosen et al., 2010).
Ce qui peut entretenir la difficulté : le cercle de la peur et de l’évitement
En 2009 Reissing avait proposé un premier modèle qui permet de comprendre comment une difficulté peut persister même lorsqu’il n’existe pas une cause unique. Le processus peut commencer par une douleur, une expérience négative ou la crainte qu’une pénétration soit douloureuse. Cette anticipation peut entraîner des pensées :
- « Cela va forcément faire mal » ;
- « Mon corps est trop étroit » ;
- « Je ne vais pas y arriver » ;
- « Je vais décevoir mon ou ma partenaire » ;
- « Il faut que je supporte la douleur pour que cela fonctionne ».
La peur augmente alors la vigilance. La personne surveille chaque sensation et peut contracter involontairement son plancher pelvien. La pénétration devient plus difficile ou plus douloureuse, ce qui semble confirmer la crainte initiale. L’évitement apporte un soulagement immédiat : en évitant la situation, la peur diminue. Mais ce soulagement peut empêcher de vivre une expérience différente et sécurisante. La menace reste donc intacte pour la tentative suivante.
Expérience douloureuse ou redoutée → anticipation négative → peur → hypervigilance ou évitement → tension musculaire → difficulté ou douleur → confirmation de la peur.
Des travaux menés auprès de femmes présentant une vestibulodynie montrent une association entre la peur de la douleur, les pensées catastrophiques, le fonctionnement du plancher pelvien et l’intensité de la douleur. Ces résultats soutiennent partiellement le modèle, mais ne démontrent pas une chaîne causale identique chez toutes les personnes (Benoit-Piau et al., 2018). Surtout, ce modèle ne signifie pas que la personne « provoque » sa douleur par ses pensées. La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle réelle, influencée par des mécanismes corporels, neurologiques, psychologiques et contextuels (Raja et al., 2020).
Comment sortir de la boucle ?
Il n’existe pas un protocole identique pour toutes les personnes. La prise en charge doit être construite à partir de l’histoire, des symptômes, des objectifs et des facteurs identifiés.
1. Ne plus faire de la pénétration une épreuve à réussir
La première étape consiste souvent à interrompre les tentatives répétées qui provoquent une douleur importante ou renforcent la peur. Cela ne signifie pas renoncer à toute sexualité. L’intimité peut inclure de nombreuses pratiques sans pénétration. Suspendre temporairement une pratique douloureuse permet de dissocier progressivement sexualité, obligation et douleur. Aucune pénétration ne devrait être poursuivie pour « habituer » le corps lorsque la personne se sent contrainte, paniquée ou dépassée.
2. Réaliser une évaluation globale et respectueuse
L’évaluation peut être menée par un.e médecin généraliste, un.e gynécologue, une sage-femme ou une équipe spécialisée dans les douleurs pelviennes ou la médecine sexuelle.
Elle doit préciser :
- le lieu et le type de douleur ;
- son apparition et son évolution ;
- les situations dans lesquelles elle survient ;
- les éventuels symptômes gynécologiques, urinaires ou digestifs ;
- les traitements, interventions ou accouchements antérieurs ;
- le fonctionnement du plancher pelvien ;
- la peur, l’évitement et le retentissement sur la vie sexuelle ;
- les attentes et objectifs de la personne.
L’examen clinique doit être expliqué et réalisé avec un consentement explicite. Il peut être adapté, fractionné ou reporté si la personne ne se sent pas en sécurité. Forcer un examen au nom du diagnostic risque de reproduire la perte de contrôle et d’aggraver la difficulté.
3. Traiter une éventuelle affection médicale
Lorsqu’une cause médicale est identifiée, elle doit recevoir une prise en charge spécifique : traitement d’une infection ou d’une dermatose, prise en charge de l’endométriose, soins d’une cicatrice, traitement hormonal local lorsque cela est indiqué, ou prise en charge d’une douleur neuropathique. Un traitement médical peut être nécessaire sans être toujours suffisant. Après plusieurs épisodes douloureux, le système de protection musculaire et l’anticipation anxieuse peuvent persister même si le facteur déclencheur a été traité.
4. Rééduquer le plancher pelvien
Une kinésithérapie pelvi-périnéale spécialisée peut aider à :
- identifier les muscles concernés ;
- apprendre à relâcher plutôt qu’à contracter systématiquement ;
- améliorer la respiration et la mobilité ;
- travailler les zones douloureuses ou hypersensibles ;
- réintroduire progressivement un contact ou une pénétration souhaitée.
Les exercices ne consistent donc pas toujours à « muscler le périnée ». En présence d’une hypertonie, multiplier les contractions sans évaluation peut être inadapté. Des essais cliniques montrent qu’une physiothérapie multimodale peut réduire la douleur et la détresse sexuelle dans certaines formes de vestibulodynie et de dyspareunie (Ghaderi et al., 2019 ; Morin et al., 2021). Ces résultats ne signifient pas que la même technique convient à toutes les douleurs.
5. Travailler la peur sans imposer la pénétration
Une thérapie cognitivo-comportementale, une sexothérapie ou un accompagnement psychologique peuvent aider à :
- comprendre le mécanisme de la douleur ;
- repérer les anticipations anxieuses ;
- restaurer un sentiment de contrôle ;
- diminuer la honte et les pensées catastrophiques ;
- construire une progression adaptée ;
- retrouver une sexualité qui ne soit pas centrée sur la performance.
L’exposition progressive peut faire partie de cette prise en charge. Elle ne consiste pas à supporter la douleur. Elle vise à expérimenter, par étapes choisies et réversibles, qu’un contact ou une pénétration peuvent se produire sans danger et avec un niveau de confort acceptable. Des essais contrôlés ont montré des améliorations après une exposition accompagnée ou une intervention psychologique structurée. Les résultats restent toutefois variables et ne doivent pas devenir une promesse individuelle de guérison rapide (ter Kuile et al., 2013 ; Zarski et al., 2021).
6. Associer le ou la partenaire sans déplacer la responsabilité
Lorsque la personne le souhaite, le ou la partenaire peut participer au processus. Son rôle n’est pas de diriger les exercices ni de vérifier les progrès, mais de contribuer à la sécurité.
Cela implique notamment :
- de croire la douleur exprimée ;
- de ne pas négocier une pénétration refusée ou redoutée ;
- de ne pas interpréter la difficulté comme un rejet personnel ;
- de valoriser les formes d’intimité non pénétratives ;
- de respecter le rythme et les limites ;
- de parler de plaisir, de confort et de sécurité plutôt que de réussite.
Le soutien du ou de la partenaire peut réduire la pression et faciliter la reprise de contrôle. À l’inverse, l’insistance, la culpabilisation ou l’idée qu’un rapport doit être « mené jusqu’au bout » peuvent renforcer la peur et l’évitement.
Quand consulter ?
Une consultation est indiquée lorsque :
- la douleur se répète ou persiste ;
- la pénétration souhaitée est régulièrement difficile ou impossible ;
- la peur apparaît avant les rapports, l’utilisation d’un tampon ou un examen ;
- la difficulté provoque une souffrance personnelle ou relationnelle ;
- des symptômes urinaires, digestifs, menstruels ou vulvaires sont associés ;
- la personne évite les soins gynécologiques par crainte de la douleur.
Une consultation rapide est particulièrement nécessaire en présence d’une douleur brutale ou intense, d’une fièvre, de saignements inhabituels, de lésions visibles, de pertes anormales ou d’un risque de grossesse.
Ce qu’il faut retenir
Le vaginisme et les dyspareunies ne sont pas des fautes, des caprices ou des preuves d’un manque d’amour. Ils ne se résument ni à un muscle « trop serré » ni à un problème « dans la tête ». La réaction corporelle observée dans le vaginisme est souvent une tentative de protection. Le corps ne trahit pas la personne : il réagit à ce qu’il a appris à considérer comme menaçant ou douloureux. Sortir de cette difficulté ne signifie pas se forcer. Cela consiste à identifier ce qui provoque ou entretient la douleur, traiter les facteurs médicaux lorsqu’ils existent, restaurer la sécurité et permettre de nouvelles expériences choisies.
L’objectif ne doit pas nécessairement être une pénétration pénis-vagin. Il peut être de vivre un examen médical sans panique, d’utiliser un tampon, de réduire la douleur, de retrouver du plaisir, de se sentir libre de choisir une pénétration ou simplement de disposer à nouveau de son corps sans peur. La progression ne se mesure pas seulement à ce que le corps parvient à « accepter ». Elle se mesure aussi au retour du contrôle, de la sécurité, du choix et de la confiance.
Trouver un accompagnement en sexologie
Il n’est pas nécessaire d’attendre que la douleur ou la peur s’installe durablement pour demander de l’aide. Un ou une sexologue peut vous aider à mieux comprendre la difficulté, à en évaluer les différentes dimensions et à construire un accompagnement adapté, éventuellement en lien avec d’autres professionnels de santé. L’AIUS (Association interdisciplinaire postuniversitaire de sexologie) propose un annuaire des sexologues labellisés et une carte interactive permettant de rechercher un praticien ou une praticienne près de chez vous. En présence d’une douleur persistante, brutale ou associée à d’autres symptômes, une évaluation médicale reste également nécessaire.
Références
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