Cabinet André Letzel

Violences sexuelles

Reconstruire le rapport au corps, quelle place pour la spiritualité ?

Éclats de miroir dispersés sur le sol, reflétant le visage d’une femme

Les violences sexuelles peuvent profondément affecter le rapport à soi, aux autres et à son propre corps. Leurs conséquences se manifestent parfois longtemps après les faits, notamment dans la vie affective et sexuelle. Les travaux de Muriel Salmona sur la mémoire traumatique ont contribué à faire connaître la persistance des manifestations psychotraumatiques et leurs répercussions sur la vie quotidienne (Salmona, 2013). Les progrès réalisés dans la compréhension du psychotraumatisme permettent aujourd’hui de mieux appréhender ces difficultés et d’envisager des accompagnements adaptés.

Dans ma pratique de sexologue, je rencontre quotidiennement des femmes qui consultent pour des difficultés sexuelles sans nécessairement établir de lien avec des expériences traumatiques vécues dans le passé. Certaines décrivent un décalage difficile à comprendre : elles éprouvent du désir et de l’amour pour leur partenaire, mais leur corps semble rester en état d’alerte permanent, comme s’il continuait à percevoir une menace. Comment accompagner une personne dont le traumatisme affecte à la fois son sentiment de sécurité, son rapport au corps, ses relations affectives et sexuelles et, parfois, ses convictions spirituelles ?

Cette question traverse également mes travaux sur les violences sexuelles et trouve un écho dans l’excellent article de Barbara Philip publié dans la revue Sexologies sur l’accompagnement sexologique des femmes ayant vécu des violences sexuelles (Philip, 2026), ainsi que dans les réflexions de Boris Cyrulnik sur l’attachement, la spiritualité et la résilience (Cyrulnik, 2017).

Des violences sexuelles dans une histoire plus large

Au cours de l’accompagnement, il apparaît parfois que les violences sexuelles s’inscrivent dans une histoire personnelle marquée par plusieurs expériences au cours desquelles les limites et le consentement de la personne ont été ignorés ou sa parole minimisée. Ces situations peuvent prendre différentes formes, allant du harcèlement et des pressions sexuelles à la coercition et aux agressions sexuelles. Certaines femmes prennent progressivement conscience que des comportements longtemps considérés comme ordinaires s’inscrivaient dans des relations marquées par l’emprise, la domination ou des rapports de pouvoir déséquilibrés. Cette réalité fait écho aux travaux de la sociologue britannique Liz Kelly (1988), qui a développé la notion de continuum des violences sexuelles.

Cette approche permet d’examiner les liens entre différentes manifestations de violences, ainsi que les mécanismes sociaux et relationnels qui peuvent contribuer à leur banalisation.

Le continuum constitue ainsi une grille de lecture sociologique intéressante. Il invite à considérer les expériences dans leur contexte, en reconnaissant leurs différences de nature, de gravité et de conséquences.

Dans mon ouvrage Parler de sexualité dans l’Église – Comprendre et accompagner les jeunes (2026), j’aborde notamment les différentes formes d’exposition aux violences sexuelles, la culture du viol et les conséquences psychologiques, corporelles et relationnelles qui peuvent en résulter.

Ces réflexions s’inscrivent dans le prolongement de mes recherches consacrées à la sexualité des jeunes adultes évangéliques en France et aux enjeux de l’éducation à la sexualité comme facteur de prévention.

Elles mettent en évidence l’intérêt d’une meilleure compréhension des violences, de leurs contextes et des mécanismes qui peuvent favoriser leur survenue.

Mais au-delà de la prévention, une autre question se pose : comment accompagner les personnes lorsque les violences ont déjà eu lieu et que leurs conséquences continuent d’affecter leur existence ?

Les conséquences psychosexuelles : quand le corps demeure en alerte

Les conséquences des violences sexuelles sont diverses et peuvent se cumuler. Une même personne peut présenter un trouble de stress post-traumatique, des manifestations anxieuses ou dépressives, des phénomènes dissociatifs et des symptômes somatiques. Dans le domaine de la sexualité, les difficultés peuvent concerner le désir, l’excitation, le plaisir ou l’orgasme, mais aussi se traduire par différents troubles sexuels, notamment des douleurs génito-pelviennes ou un trouble de la pénétration, parfois désigné par le terme de vaginisme. Elles peuvent également se manifester par un évitement des relations intimes, une peur du contact physique ou une difficulté à éprouver un sentiment de sécurité dans la proximité corporelle.

Ces manifestations varient considérablement d’une personne à l’autre et dépendent souvent de l’histoire individuelle, des circonstances des violences, des relations affectives et des ressources disponibles. Certaines femmes me parlent d’un décalage particulièrement difficile à comprendre : elles souhaitent vivre une relation sexuelle avec leur partenaire, éprouvent de l’affection et parfois du désir, mais constatent que leur corps réagit par des tensions, une immobilisation ou une sensation de menace.

Ce décalage peut être source d’incompréhension, de culpabilité et de souffrance relationnelle. Les connaissances sur les mécanismes neurophysiologiques du traumatisme permettent d’apporter des éléments de compréhension. Face à une menace, l’organisme peut mobiliser différentes réactions de défense, notamment la lutte, la fuite ou l’immobilisation. Certaines personnes présentent également des manifestations dissociatives, qui peuvent modifier leur perception du corps, du temps ou de l’environnement. Les travaux de Muriel Salmona sur la mémoire traumatique contribuent à éclairer ces réactions et leur persistance possible après les violences (Salmona, 2013).

Ces réactions échappent largement au contrôle. Il est également important de rappeler qu’une réponse génitale involontaire pendant une agression sexuelle ne constitue jamais une manifestation de consentement. Après les violences, certaines sensations corporelles peuvent rester associées à l’expérience traumatique. Leur réactivation peut alors provoquer des réactions de peur ou de retrait, y compris dans des situations où la personne se sait objectivement en sécurité.

Le travail thérapeutique consiste notamment à comprendre ces mécanismes et à accompagner la personne dans la restauration progressive d’un rapport plus sécurisant à son corps.

Barbara Philip : une approche sexologique centrée sur le corps et l’intéroception

Visuel de la publication présentant l’article de Barbara Philip dans la revue Sexologies
Publication de l’article de Barbara Philip dans Sexologies.

Dans un excellent article publié en 2026 dans la revue Sexologies, Barbara Philip propose une réflexion particulièrement intéressante sur l’accompagnement des femmes ayant vécu des violences sexuelles.

Son article, intitulé Prise en charge sexologique des femmes ayant vécu des violences sexuelles : une proposition intégrative physiologique et intéroceptive, part d’un constat clinique : certaines difficultés sexuelles persistent après une psychothérapie centrée sur le traumatisme.

Cette observation rejoint une réalité fréquemment rencontrée en consultation. Une amélioration des symptômes psychotraumatiques peut constituer une étape importante du rétablissement, tandis que des difficultés spécifiques continuent d’affecter la vie sexuelle.

Barbara Philip propose une démarche intégrative élaborée au cours de treize années de pratique clinique auprès d’environ une centaine de femmes. Son approche s’appuie sur les connaissances relatives aux réactions physiologiques du traumatisme, à la régulation du système nerveux autonome et à l’intéroception.

Retrouver progressivement une relation sécurisante avec son corps

L’une des particularités de cette proposition consiste à commencer le travail corporel par des régions qui ne sont pas directement associées à la sexualité. La personne peut ainsi explorer progressivement les sensations provenant de différentes zones corporelles, en identifiant celles qui sont accessibles, confortables ou au contraire difficiles à investir.

Cette démarche accorde une importance particulière au rythme individuel et à la capacité de choisir. Elle permet de développer une attention aux sensations corporelles dans un environnement sécurisant, avant d’envisager éventuellement un travail plus directement lié à l’intimité sexuelle. Cette progression constitue une piste intéressante pour les personnes dont certaines sensations ont été durablement associées à la peur ou à la perte de contrôle.

L’intéroception, une dimension essentielle

L’intéroception désigne la capacité à percevoir et à interpréter les signaux provenant de l’intérieur du corps. Elle intervient notamment dans la perception de la respiration, des battements cardiaques, des tensions musculaires et des états de confort ou d’inconfort. Ces informations contribuent à la régulation émotionnelle et à la manière dont une personne reconnaît ses besoins.

Chez certaines victimes de violences sexuelles, le rapport aux sensations corporelles peut être perturbé. Certaines sensations deviennent difficiles à identifier, tandis que d’autres peuvent être vécues comme menaçantes. Le travail proposé par Barbara Philip vise à favoriser une reconnexion progressive avec ces expériences sensorielles.

Ce travail de reconnexion corporelle doit toutefois être adapté à chaque personne, notamment en présence de manifestations dissociatives ou d’une forte réactivité traumatique. L’intérêt de la proposition de Barbara Philip réside dans sa prise en compte des dimensions physiologiques du traumatisme et dans l’importance accordée à la sécurité, à la progression sensorielle et à l’autonomie de la personne. Il convient néanmoins de préciser que ce modèle thérapeutique, élaboré à partir de son expérience clinique, nécessite encore une évaluation scientifique de son efficacité, notamment au moyen d’études contrôlées.

Reconstruire un sentiment de sécurité : une démarche qui dépasse la sexualité

Le sentiment de sécurité apparaît comme une dimension transversale de l’accompagnement des personnes ayant vécu des violences sexuelles. Il concerne naturellement le rapport au corps, mais également les relations affectives, la confiance envers autrui et la capacité à exprimer ses limites.

Une personne peut progressivement retrouver un sentiment de sécurité dans certaines situations tout en continuant à éprouver des difficultés dans d’autres domaines. La reconstruction suit rarement une progression uniforme.

Elle peut impliquer un travail psychothérapeutique sur les souvenirs traumatiques, un accompagnement sexologique, une prise en charge médicale des douleurs ou un soutien dans les relations affectives. Selon les besoins, ces interventions peuvent être complémentaires.

Cette approche pluridisciplinaire permet de reconnaître que les conséquences des violences sexuelles concernent différentes dimensions de l’existence. Elle invite également à s’intéresser aux ressources personnelles qui participent au processus de reconstruction. Parmi celles-ci, la spiritualité peut occuper une place importante.

Boris Cyrulnik : l’attachement à Dieu et les ressources de la spiritualité

Dans son ouvrage Psychothérapie de Dieu (2017), Boris Cyrulnik propose une réflexion sur les relations entre l’expérience religieuse, l’attachement et la résilience. Dès l’avant-propos, il évoque sa rencontre avec d’anciens enfants-soldats profondément marqués par les violences vécues. L’un d’eux lui explique qu’il se sent mieux lorsqu’il entre dans une église, où les images terrifiantes qui l’envahissent semblent momentanément laisser place à des représentations plus apaisantes.

Cette rencontre conduit Cyrulnik à s’interroger sur les mécanismes psychologiques susceptibles d’expliquer les effets réconfortants de certaines expériences religieuses. Son analyse s’appuie notamment sur les théories de l’attachement.

Au cours du développement, les relations affectives contribuent à la construction du sentiment de sécurité. Les expériences de protection, de proximité et de réconfort peuvent laisser des traces qui seront mobilisées ultérieurement dans les situations de détresse. Cyrulnik examine la possibilité que certaines représentations de Dieu participent à des processus comparables. Pour certains croyants, Dieu peut être représenté comme une figure protectrice, disponible et bienveillante. Cette représentation peut contribuer à apaiser l’angoisse et à soutenir la capacité à faire face aux difficultés.

Cette perspective me paraît particulièrement pertinente par l’attention qu’elle porte à la dimension affective de l’expérience religieuse. La foi mobilise des représentations, des émotions, des relations et des pratiques inscrites dans l’histoire personnelle.

Le rôle des relations et des communautés

Cyrulnik souligne également l’importance des environnements relationnels dans les processus de résilience. Une personne confrontée à un traumatisme peut trouver des ressources dans des relations affectives sécurisantes, des groupes d’appartenance ou des institutions qui lui permettent de reconstruire des repères.

Les communautés religieuses peuvent parfois jouer ce rôle. La participation à des rencontres, les pratiques collectives, la solidarité et le sentiment d’appartenance peuvent contribuer à rompre l’isolement. Cette dimension relationnelle mérite une attention particulière dans le contexte des violences sexuelles, où les expériences de honte, de culpabilité ou de stigmatisation peuvent favoriser le retrait social. Toutefois, les ressources communautaires dépendent fortement de la qualité des relations et des réponses apportées aux personnes concernées.

Une communauté capable d’accueillir la parole, de reconnaître les violences et de soutenir les démarches de soins peut représenter un environnement favorable.

À l’inverse, les attitudes de minimisation, de culpabilisation ou de protection des auteurs peuvent accentuer les difficultés rencontrées par les victimes.

La spiritualité après un traumatisme : une ressource parfois ambivalente

Les travaux de Cyrulnik rejoignent les recherches consacrées aux relations entre spiritualité, religion et adaptation psychologique après un traumatisme. Dans la littérature scientifique, ces stratégies sont notamment étudiées à travers la notion de religious coping, ou adaptation religieuse, développée par Kenneth Pargament (1997). Elle désigne les manières dont une personne mobilise ses croyances, ses pratiques et ses relations religieuses pour faire face aux événements difficiles.

Certaines stratégies peuvent contribuer à la recherche de sens, au soutien émotionnel et au maintien d’un sentiment de continuité personnelle. D’autres peuvent s’accompagner de conflits spirituels, de culpabilité ou d’interrogations douloureuses. Cette distinction est essentielle pour comprendre les expériences des personnes victimes de violences sexuelles.

Quand la foi constitue une ressource

Pour certaines personnes, la prière, la méditation, la lecture de textes religieux ou la relation à une communauté peuvent représenter des ressources importantes. Elles peuvent contribuer à retrouver des repères, à exprimer certaines émotions ou à maintenir un sentiment d’espérance.

Dans une revue systématique publiée en 2024 dans le Journal of Spirituality in Mental Health, Irfan Fayaz s’est intéressé aux relations entre religiosité, spiritualité et croissance post-traumatique chez les personnes ayant vécu des agressions sexuelles. Cette revue identifie cinq études empiriques portant sur cette question.

Les résultats suggèrent une association entre certaines dimensions de la religiosité ou de la spiritualité et la croissance post-traumatique. La croissance post-traumatique désigne les changements positifs que certaines personnes peuvent percevoir dans leur rapport à elles-mêmes, aux autres ou à l’existence après avoir traversé une expérience particulièrement difficile.

Ces évolutions personnelles peuvent coexister avec une souffrance qui persiste. Une personne peut ainsi percevoir des changements positifs dans sa vie tout en continuant à présenter des symptômes psychotraumatiques ou des difficultés sexuelles. La revue de Fayaz souligne également le nombre encore limité de recherches disponibles. Ces résultats permettent toutefois d’envisager la spiritualité comme une ressource possible pour certaines personnes, sans établir qu’elle entraîne systématiquement une amélioration de leur état psychologique ou sexuel.

Quand les violences subies bouleversent la relation à Dieu

La spiritualité peut également devenir un lieu de souffrance. Certaines personnes victimes de violences sexuelles expriment un sentiment d’abandon par Dieu, une colère à son égard ou une difficulté à concilier leurs croyances avec ce qu’elles ont vécu.

D’autres s’interrogent sur leur responsabilité ou sur la signification morale de leur expérience.

Ces questionnements peuvent être particulièrement douloureux lorsque les violences se sont produites dans un environnement religieux. Les représentations de la pureté sexuelle, de la soumission, du pardon ou de la responsabilité individuelle peuvent parfois renforcer les sentiments de honte et de culpabilité lorsqu’elles sont interprétées ou mobilisées de manière inadaptée.

Dans Psychothérapie de Dieu, Cyrulnik montre que les représentations religieuses peuvent être associées à des expériences affectives très différentes. Une représentation de Dieu comme figure protectrice peut contribuer au réconfort. À l’inverse, une représentation marquée par la peur ou la punition peut participer à l’angoisse.

Cette ambivalence rappelle l’importance de considérer l’histoire spirituelle singulière de chaque personne. Elle invite également à reconnaître que la relation à Dieu peut elle-même être affectée par le traumatisme.

Quelle place pour la spiritualité dans l’accompagnement clinique ?

Le respect de la laïcité et de la liberté de conscience implique de reconnaître à chacun le droit de croire, de ne pas croire ou de faire évoluer ses convictions. Dans le cadre clinique, cette exigence se traduit par une posture de neutralité, de respect et d’absence de prosélytisme. La prise en compte de la spiritualité peut contribuer à une compréhension plus complète de l’expérience d’une personne lorsque ses croyances occupent une place importante dans sa vie. Dans une consultation sexologique ou psychothérapeutique, cette dimension peut être explorée avec la même attention que les autres éléments de l’histoire personnelle.

Il peut notamment être pertinent de comprendre la manière dont la personne perçoit son corps, sa sexualité, ses relations affectives et ses convictions religieuses. Certaines représentations spirituelles peuvent soutenir son sentiment de sécurité, tandis que d’autres peuvent être associées à des conflits intérieurs.

L’objectif consiste à identifier les ressources et les difficultés qui participent à son expérience. Cette démarche repose sur le respect de ses convictions, de son autonomie et de ses choix. Elle peut éventuellement conduire à envisager un accompagnement spirituel complémentaire, lorsque la personne le souhaite et qu’elle dispose d’un interlocuteur compétent, respectueux de sa liberté et sensibilisé aux conséquences des violences sexuelles.

La prise en compte de la spiritualité s’inscrit alors dans une démarche globale, aux côtés des interventions psychologiques, sexologiques et médicales adaptées. Elle ne constitue pas un traitement spécifique des troubles psychotraumatiques ou sexuels. Cette distinction permet de reconnaître la valeur subjective et relationnelle de la foi tout en respectant les exigences scientifiques de l’accompagnement thérapeutique.

Reconstruire une relation à soi, à son corps et aux autres

Les violences sexuelles peuvent affecter simultanément plusieurs dimensions fondamentales de l’existence : la sécurité, la confiance, l’intimité, la perception du corps et les relations affectives. Les travaux de Barbara Philip invitent à considérer les mécanismes physiologiques du traumatisme et les possibilités d’une restauration progressive de la relation au corps.

Les réflexions de Boris Cyrulnik permettent d’élargir cette perspective aux ressources affectives, relationnelles et symboliques qui peuvent participer à la résilience. Les recherches sur la spiritualité et la croissance post-traumatique apportent, quant à elles, des éléments complémentaires pour comprendre la place que les convictions personnelles peuvent occuper dans certains parcours.

Ces approches explorent des dimensions différentes et peuvent contribuer à une compréhension plus globale de la reconstruction. Dans ma pratique clinique, cette complexité rappelle l’importance de considérer chaque personne dans la singularité de son histoire, de ses difficultés et de ses ressources.

L’accompagnement peut alors soutenir plusieurs objectifs : retrouver un sentiment de sécurité, mieux comprendre les réactions corporelles, développer la capacité à exprimer ses limites, reconstruire des relations respectueuses et, lorsque cela correspond aux besoins de la personne, explorer les questions spirituelles soulevées par les violences.

La reconstruction ne suit pas un parcours unique. Elle peut mobiliser différents professionnels et différentes ressources, selon les besoins et les souhaits de chacun.

Reconstruire le rapport au corps après des violences sexuelles implique ainsi de reconnaître la complexité de l’expérience traumatique et de proposer un accompagnement qui respecte le rythme, les limites et la liberté de la personne.

Pour certaines personnes, la spiritualité pourra constituer une ressource importante dans ce cheminement. Pour d’autres, elle représentera un domaine de questionnement ou de souffrance qui mérite lui aussi d’être entendu. Dans tous les cas, l’enjeu demeure le même : permettre à la personne de retrouver progressivement une relation à elle-même, à son corps et aux autres dans laquelle la sécurité, le consentement et la liberté occupent une place centrale.

Références bibliographiques — sélection provisoire

Cyrulnik, B. (2017). Psychothérapie de Dieu. Odile Jacob.

Fayaz, I. (2024). Role of religiosity or spirituality in experiencing posttraumatic growth among sexual assault survivors: A systematic review. Journal of Spirituality in Mental Health, 26(3), 330–347. DOI : 10.1080/19349637.2023.2264834.

Kelly, L. (1988). Surviving Sexual Violence. University of Minnesota Press.

Letzel, A. (2026). Parler de sexualité dans l’Église : Comprendre et accompagner les jeunes. Éditions Empreinte temps présent.

Philip, B. (2026). Prise en charge sexologique des femmes ayant vécu des violences sexuelles : une proposition intégrative physiologique et intéroceptive. Sexologies, 35(2), 114–124. DOI : 10.1684/sexol.2026.91.

Pargament, K. I. (1997). The Psychology of Religion and Coping: Theory, Research, Practice. Guilford Press.

Salmona, M. (2013). Le livre noir des violences sexuelles. Dunod.